Quels impacts sur nos filières d’élevage ?

Les mesures annoncées samedi 14 mars, avec le passage au “stade 3” en France, pourra avoir divers impacts sur nos marchés, mais rappelons l’importance pour les pouvoirs publics de préserver l’approvisionnement de la chaîne alimentaire et donc par conséquent des activités nécessaires à la production et au commerce des denrées agricoles et alimentaires.

Le commerce d’animaux vivants

Les mesures de restriction prise suite au passage au “stade 3” n’engendrent aucune modification sur les transports d’animaux, ni en France, ni vers les autres pays européens. Il n’y a donc aucune restriction, la circulation reste autorisée, même vers l’Italie.

En effet, pour exemple, le 10 mars, l’Italie a signé un nouveau décret (valable jusqu’au 3 avril) sur le fait qu’à ce jour, et à ce stade, il n’y avait aucune restriction pour les livraisons d’animaux vivants vers l’Italie.

En effet, certaines régions d’Italie sont soumises à certaines mesures, dont la suivante :

  • éviter tout déplacement de personnes physiques à l’entrée et à la sortie des territoires concernés, ainsi qu’au sein de ces territoires, sauf pour les déplacements motivés par des exigences professionnelles ou des situations de nécessité […].

Or, le Ministère de l’Agriculture Italien a bien précisé que pour les mouvements de produits agro-alimentaire, l’activité des opérateurs est une exigence professionnelle.

Les camions peuvent donc circuler dans le pays (pour autant que cela se limite à l’exigence de livraison ou d’enlèvement des produits). Ils doivent avoir les documents de transport habituels en règle. Comme à chaque livraison, il est essentiel que les opérateurs souhaitant expédier des animaux vers l’Italie s’assurent auprès de leurs contacts à destination qu’ils sont bien en capacité de recevoir les animaux.

Ainsi, mis à part des perturbations liées à la disponibilité des chauffeurs (aucune information à ce jour), aujourd’hui il n’y a aucune raison valable pour que les acheteurs baissent les prix d’achat auprès des éleveurs. En effet, si les transports d’animaux vifs étaient réellement bloqués, les acheteurs n’auraient aucun intérêt à posséder des animaux vivants.

Et en France ?

L’arrêt de la restauration va nécessairement provoquer un report sur la consommation à domicile, bouleversant alors l’organisation de notre filière agro-alimentaire. Il y aura une période de transition des commandes et d’adaptation des flux, mais rien ne laisse envisager une réduction de la consommation.

Enfin, pour les productions en cours, dans l’arrêté du 16 mars, nous pouvons noter qu’il n’y a aucune restriction réglementaire sur le transport de fourrages et d’aliments, ni l’entretien et la réparation du matériel, ou sur les fournisseurs pour les exploitations agricoles.

 

Zoom sur la filière bovins viande

Les broutards français (engraissés en Italie) composent majoritairement les volumes de la grande distribution italienne. Ainsi, le report de la restauration sur la consommation à domicile devrait être bénéfique aux viandes françaises. Nous devons tout de même avoir un point de vigilance sur les viandes d’autres origines, commercialisées principalement en RHD, qui pourraient être bradées.

Zoom sur la filière bovins lait

Suite aux premiers effets du Coronavirus en Chine, les cours des ingrédients laitiers ont été affecté dès février. Dans le contexte actuel, cette baisse risque de se poursuivre, selon les mesures que prendront les différents pays, mais surtout selon la réaction des acheteurs sur le marché mondial, s’ils pensent qu’il y a un excès de disponibilités.

A l’heure actuelle, il n’y a aucune conséquence sur la production laitière elle-même.

Zoom sur la filière caprine - viande de chevreaux

La filière d’engraissement de chevreaux se retrouve déjà très impactée par les conséquences de l’épidémie de COVID-19. En effet, habituellement chaque année, plus de 50% des chevreaux sont abattus pendant la période de Pâques. Aujourd’hui, des commandes s’annulent déjà, les abatteurs craignent de devoir faire face à une situation de surstock en congélation, ce qui engendrerait des conséquences économiques. Afin d’anticiper et d’éviter de laisser les chevreaux dans les exploitations, les 3 abatteurs français (Etablissement RIBOT, Loeul et Piriot, Palmid’or), suite à une réunion avec Interbev et la FNEC, ont décidé de continuer à abattre tous les chevreaux en cours d’engraissement et ceux qui seront mis à l’engraissement jusqu’à Pâques

Date de dernière mise à jour : 20/03/2020